Aux début des années soixante-dix, la contre-culture semble aux États-Unis et en Grande-Bretagne perdre du terrain. En ce qui concerne la musique, c’est indéniable. Les groupes de rock psychédélique de la Californie reviennent à leurs premiers amours, la country et le blues, et abandonnent toutes expérimentations. À New York, le Velvet Underground n’est plus qu’un ersatz de lui-même. The Who, Pink Floyd, Led Zeppelin sont devenus des machines démesurées qui remplissent les stades et génèrent des fortunes colossales. Les nouveaux venus préfèrent le revival à l’innovation et se soucient avant tout de maquillage et de paillettes.
Désormais, c’est ailleurs que les choses sérieuses se passent. En Allemagne de l’ouest, où de jeunes musiciens marqués par le psychédélisme et la musique électronique créent et enregistrent des musiques hypnotiques et radicales. Deux ou trois années plus tard, quelques-uns d’entre eux (Faust, Ash Ra Tempel, Tangerine Dream, Can) seront signés et soutenus par le tout jeune et innovant label anglais Virgin. Tout comme Neu ! Cluster ou Kraftwerk (dont Autobhan, Radio Activity, The Models seront des hits internationaux, ils marquerons durablement les musiques à venir, dont celles de David Bowie et Brian Eno.
La France aussi est en ébullition. Dans le prolongement de Mai 68, la jeune génération passe à l’action. Des initiatives multiples se créent : presse alternative, réseaux parallèles, autogestion, luttes politiques. Des musiques profondément originales marquées par le gauchisme, l’anarchie, la révolte surgissent. La présence sur le territoire de l’élite des musiciens de free-jazz américains en est aussi une composante essentielle.
Mais la chape de plomb de la chanson française est si forte que cette belle agitation musicale restera un secret bien gardé. Il n’empêche que les années 1972-1973 furent les prémices des musiques les plus somptueuses et singulières de l’underground musical en France de la seconde moitié des années 70.
Dominique Grimaud
FACE A : Dominique Grimaud nous offre une plongée au cœur des années 1972-73
FACE B : on vous passera des disques de ces années bénies


Salut Dominique, bien reçu les infos musicales. Toujours occupé hein? suis souvent au Gd Cha car une vieille amie à l’hosto de Chartres et je débroussaille le trop plein de printemps ; tout va bien à part ça, je présume?
bises.
Katherine