débat

  • Anne TRISTAN
  • Claire CHECCAGLINI
  • Hubert PROLONGEAU

Le journalisme d’immersion
Dans la peau d'un clandestin, d'un SDF ou d'un militant du FN

AfficheDebat

L’immersion, un genre vieux comme Jack London. Le principe est – sur le papier – assez simple à imaginer : partager le même univers que les personnes dont on veut comprendre la condition. Devenir leur pair, se mettre dans leur peau, quitte à s’y sentir mal. Et ainsi être au cœur de la réalité. La vivre, cette réalité, ne pas se contenter de la décrire en simple observateur ; la subir, la bousculer, la modifier en tant qu’acteur. Claire Checcaglini, Anne Tristan et Hubert Prolongeau ont des parcours aussi éclatés que les visages qu’ils ont croisés, mais ils ont un point commun – et c’est là toute la force de leurs reportages : ils se sont débarrassés de leur étiquette de journaliste pour voir des hommes et des femmes tels qu’ils sont. Sans leur carapace apparente. Il n’y a pas meilleur moyen pour, comme le disait Albert Londres, « porter la plume dans la plaie ». Mais au-delà de la galère partagée, derrière cette quête de réel, n’y a-t-il pas autre chose ? Une certaine fascination pour le genre des plus grands, celui des Orwell et des Wallraff, ne se cacherait-elle pas derrière tout cela ? Et n’y aurait-il pas aussi l’envie, peut-être inconsciente et enfouie, de réaliser un coup d’éclat à la Florence Aubenas ?

 

Créé à l’initiative du Nouveau Jour J et de Forum Les Débats, ce premier débat ouvre un cycle sur le journalisme d’immersion. À l’origine de ce projet, la volonté d’apporter quelque chose de pertinent et d’inédit dans le champ du journalisme, tout en étant profitable au grand public. Choisir comme thème de débat le journalisme d’immersion sonnait alors comme une évidence. Genre qui fascine aussi bien le public que les journalistes eux-mêmes, il fait rarement l’objet de débats. Confronter les différentes conceptions des journalistes qui sont passés par l’immersion est tout l’enjeu de ce cycle. À chaque débat, le choix des invités se porte sur leur expérience commune. Pour Hubert Prolongeau, Anne Tristan et Claire Checcaglini, il s’agit de leur entrée au Front National et/ou de leur vécu parmi les sans-abri.

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03

Mai

19h

Fac de Lettres - Amphi A052

Nancy

23, boulevard Albert 1er

Anne TRISTAN

Actuellement enseignante, elle a été journaliste. Auteur notamment de Au Front (Gallimard - 1987), Clandestine (Au vif, Stock, 1993), Petit manuel de combat contre le Front national, (Ras l'front, Flammarion - 2004).

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Claire CHECCAGLINI

Journaliste indépendante, auteur de Bienvenue au Front - Journal d'une infiltrée (Jacob Duvernet - 2012).

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Hubert PROLONGEAU

Journaliste et écrivain. Il collabore aujourd'hui comme grand reporter à plusieurs journaux, Le Monde et Le monde diplomatique, Télérama, Le Nouvel Observateur. Il est également l'auteur de quatre ouvrages documentaires dont La Vie quotidienne en Colombie au temps du cartel de Medellin (La vie quotidienne - 2000) et Sans domicile fixe (Hachette Pluriel - 1993).

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En partenariat avec Le Nouveau Jour J

Entrée libre

Un article paru le 4 mai 2012, le lendemain du débat, dans l’Est Républicain :

 

> Lire l’article au format PDF

Hubert Prolongeau

 

> Sa bibliographie sur le site de la librairie Dialogues

 

> Sur le site du Nouvel Observateur

 

> Interview dans l’Est Républicain, 27 avril 2012 :

 

 

Anne Tristan

 

> Sa bibliographie sur le site de la libraire Dialogues

 

> Document de l’INA

 

> Un entretien avec elle sur le site de la revue Vacarme



Claire Checcaglini

 

> Sur France Inter

 


Claire Checcaglini par franceinter

 

> Sur France Info

 


Claire Checcaglini: « Mon immersion au Front… par FranceInfo

 

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commentaires

  1. (Ce commentaire est la suite du précédent que je n’ai pu terminer faute de place.) Pour ce qui est du « on en fait quoi ? », tout dépend de l’impact qu’aura le livre sur le public. Mais ça, dans la plupart des cas, les journalistes ne le calculent pas à l’avance. Quand un journaliste fait un reportage pour un quotidien, par exemple, il ne se demande pas ce que cela va provoquer. Il relate le réel, point. Eh bien c’est exactement la même chose pour l’immersion sauf qu’on prend bien plus de temps qu’un reportage de quelques heures pour cerner tous les contours d’un univers social. Enfin, il arrive que suite à des travaux d’immersion, il y a des changements. Jean-Luc Porquet, par e exmple, après avoir passé quatre mois avec les SDF avait été consulté par le gouvernement pour savoir quelles mesures prendre. Dans un autre registre et à une autre échelle, Albert Londres avait fait fermer le bagne de Cayenne suite à son reportage en (quasi) immersion.

  2. Très bonne remarque Martine. Mais si vous avez assisté au débat – et visiblement c’est le cas – vous avez pu entendre les arguments des différents invités. Les questions que vous posez étaient justement tout l’enjeu du débat. A cela, les trois sont à peu près unanime : l’immersion permet d’entrer dans des lieux clos, dans des lieux que les journalistes ne peuvent voir qu’avec les lunettes que leur donnent les chargés de communication – quand ils veulent bien les faire entrer. Le but est donc d’avoir la vision la moins biaisée possible, d’être au cœur du réel.

  3. Tres interessant mais se pose pour moi toujours la question du « pourquoi? » dans quel but?  le constat effectue,  on en fait quoi? ?? 
    Je n’avais pas voulu ni acheter ni lire le livre d’Aubenas pour ces raisons. 
    A la limite,  je suis pas loin de penser que journalisme d’immersion = imposture 

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