entretien

  • Bernard LAPONCHE

Transition énergétique et sortie du nucléaire

Bernard Laponche

La poursuite des modes de consommation et des politiques énergétiques actuels conduirait à l’horizon de deux à trois décennies à un doublement de la consommation mondiale. Une telle évolution se heurte à des contraintes majeures : ressources énergétiques, accroissement des prix, risques de conflits, atteintes à l’environnement, risque climatique. Il n’y a pas de développement durable possible avec le système énergétique actuel basé sur un modèle de développement “énergivore” et la hausse “à tout prix” de la production d’énergie.

Le nouveau paradigme énergétique consiste à concevoir le “système énergétique” comme englobant non seulement la fourniture d’énergie mais également les conditions et les techniques de sa consommation afin d’obtenir un “service énergétique” dans des conditions optimales en termes de ressources, de coûts économiques et sociaux et de protection de l’environnement local et global. La maîtrise des consommations d’énergie arrive au premier rang des politiques qu’il faut rapidement mettre en oeuvre parce que c’est celle qui possède le plus grand potentiel, qu’elle est applicable dans tous les secteurs et dans tous les pays, qu’elle représente le meilleur instrument de la lutte contre le changement climatique, enfin parce qu’elle permet de ralentir l’épuisement des ressources fossiles, tandis qu’une part croissante de la consommation d’énergie peut être assurée par les énergies renouvelables… (Lire la suite dans l’onglet « prolonger »)

 

 

24

Janvier

20h

Ecole des Mines (Campus ARTEM)

Nancy

Avenue du Général Leclerc (croisement rue du Sergent Blandan)

Bernard LAPONCHE

Polytechnicien, docteur ès sciences, docteur en économie de l’énergie, Bernard Laponche a travaillé au Commissariat à l’énergie atomique et été responsable syndical à la CFDT dans les années 1960 et 1970, puis directeur général de l’Agence française pour la maîtrise de l’énergie (AFME, aujourd’hui ADEME), co-fondateur et directeur du bureau d’études ICE (International Conseil Energie) dans les années 1990 et conseiller technique de Dominique Voynet pour l’énergie et la sûreté nucléaire en 1998-99. Il est depuis 2000 consultant international dans le domaine de la maîtrise de l’énergie. Il est coauteur de Maîtrise de l’énergie pour un monde vivable (1997, édition ICE), et de En finir avec le nucléaire : pourquoi et comment (2011, éditions du Seuil), et auteur de Maîtriser la consommation d’énergie (2004, éditions Le Pommier). Il est co-fondateur et membre des associations Global Chance et Energie partagée.

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Entrée libre

Tramway « Arrêt Blandan »

ATTENTION : Après 20h les portes de la galerie sont fermées. Afin d’accéder à la conférence, il faut emprunter l’allée Guinier (accès par Place de padoue-Statue du Sergent Blandan)

 Elle constitue en outre un facteur de développement économique par la diminution des dépenses énergétiques, ainsi que par la création de nouvelles activités et d’emplois. C’est un impératif de premier ordre des politiques énergétiques et économiques, notamment dans le secteur des transports, presque exclusivement dépendant du pétrole. Cela s’impose aussi en matière de consommation d’électricité, dont la production est chère et particulièrement vorace en énergie primaire.

Dés les années 1950, on a développé les premières centrales nucléaires productrices d’électricité. On pensait même alors qu’on allait produire de l’électricité tellement bon marché que ce ne serait plus la peine d’installer des compteurs ; il y avait une expression pour dire ça : « too cheap to meter ». Bien que les risques d’accidents et la production de déchets radioactifs ne fussent pas ignorés, ces questions seraient réglées par la science et les ingénieurs, croyait-on, et c’est plutôt sur des considérations économiques et de puissance industrielle que se firent les choix. De fait, c’est dès l’origine que l’on aurait dû peser les risques intrinsèques liés à la libération de l’énergie nucléaire et se poser des questions sur la maîtrise d’une telle technologie, surtout à partir du moment où l’on prétendait en faire un usage courant et commercial planétaire.

C’est la prise de conscience de ces risques, la constatation dramatique de leurs occurrences et de l’impossibilité de les maîtriser qui conduit logiquement à la « sortie du nucléaire », pour trois raisons majeures : le risque d’accident grave, la production de déchets radioactifs et la menace aggravée du risque de prolifération des armes nucléaires.

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