L’émancipation

Sous la direction de Georges Navet

Éditions L'Harmattan, Collection Forum - IRTS de Lorraine

janvier 2003

La domination et l’aliénation sont choses si courantes qu’elles ne se révèlent pleinement que par et dans l’acte qui ébranle leur mainmise. La dynamique qui s’engendre alors s’appelle émancipation.

Parce qu’en décillant le regard elle donne à voir et à comprendre, l’émancipation est constitutive d’un savoir qui est à la fois relecture du passé et critique du présent. Autant dire qu’elle fait éclater la fermeture sur soi d’un présent qui n’a jamais à proposer que sa morne ou tragique répétition. Que l’émancipation ouvre ou rouvre l’avenir ne signifie pas qu’elle vise à réaliser une quelconque nature humaine, puisque à l’inverse, c’est la dynamique éman-cipatrice qui libère ou crée des virtualités qui n’apparaîtraient ou même n’exis-teraient pas sans elle. En l’absence de tels mouvements pris en acte et dans leur effectivité, il n’existe aucun point de vue d’où elles pourraient s’énoncer et se déduire a priori.

L’émancipation n’a pas besoin de preuves, c’est elle qui fait preuve.

Georges Navet est maître de conférences (Science politique) à l’Université de Reims Champagne Ardenne. Directeur de programme au Collège International de Philosophie de 1995 à 2001, il a notamment travaillé sur la figure romanesque du philosophe (Le Philosophe comme fiction, L’Harmattan, 2000) et sur la philosophie de G.B. Vico (Rhétorique, imagination et mondo civile chez Vico, Papiers du Ciph, 2001). Il prépare un ouvrage sur le temps de l’émancipation.